CHRISTIANE PELCHAT DU CONSEIL DU STATUT DE LA FEMME

TROMPE LA POPULATION

 

Une étude de l'équipe de recherche de
L'après-rupture
 

 

 

Les erreurs factuelles et méthodologiques de la lettre de Mme Christiane Pelchat accompagnant l’appel à la vigilance du CSF du 18 mars 2009 sur les statistiques sur la violence conjugale : un affront à la vérité!

 

Le 8 septembre 2009, Mme France Rioux du Service des Communications du Conseil du statut de la femme a fait parvenir à notre directeur de recherche, Jean-Pierre Gagnon, un courriel qui faisait suite à un message envoyé le 17 août 2009 au Conseil du Statut de la femme.

 

Jean-Pierre Gagnon avait demandé au Conseil du statut de la femme de lui expédier deux copies du document La constante progression des femmes, tout en signalant que ce document faisait mention à la page 24 de la proportion d’une femme sur dix victime de violence conjugale au Canada, chiffre avancé par le Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme en janvier 1980 et dont celle qui en est l’auteure, Mme Linda MacLeod, a convenu  en 1994 qu’il n’avait aucune validité scientifique. M. Gagnon demandait au Conseil du statut de la femme si cette imposture statistique avait échappé à la vigilance de leur équipe rédactionnelle.

 

Voici la teneur du courriel expédié par Mme France Rioux en réponse à Jean-Pierre Gagnon :

« Bonjour monsieur Gagnon,

 

Nous avons pris bonne note de votre commentaire au regard de l'édition spéciale de La Constante progression des femmes.  Nous vous invitons à consulter la position de l'organisation en matière de statistiques sur la violence conjugale exprimée dans la lettre de la présidente du Conseil ainsi que dans le document intitulé Ampleur et nature de la violence subie par les femmes et les hommes : analyse sur quelques statistiques concernant la violence conjugale que vous trouverez en pièces jointes.

 

Merci et bonne journée! »

Source : Courriel reçu du Conseil du statut de la femme le 8 septembre 2009, 17h21

 

Comme elle le mentionne dans le texte du message, Mme France Rioux a joint en fichier attaché les deux documents suivants en format PDF :

 

- Ampleur et nature de la violence subie par les femmes et les hommes : analyse sur quelques statistiques sur la violence conjugale, document du Conseil du statut de la femme, publié en février 2005 et dont l’auteure est Lucie Bélanger.

- La Lettre du 18 mars 2009 sur les statistiques sur la violence conjugale signée par Mme Christiane Pelchat, Présidente du Conseil du statut de la femme, que l’on retrouve sur le site du Conseil du statut de la femme dans la section « Publications » sous la rubrique « Documents d’information » (http://www.csf.gouv.qc.ca/fr/publications/?F=affichage&ma=20&choix=2&s=2).

 

Comme le souligne Mme Rioux, la lettre de Mme Pelchat exprime la position du Conseil du statut de la femme en matière de statistiques sur la violence conjugale. Plus précisément la Lettre du 18 mars 2009 accompagnait un appel à la vigilance lancé par le Conseil du statut de la femme le 18 mars au sujet des statistiques sur la violence conjugale.

 

Appel à la vigilance du 18 mars 2009 du Conseil du statut de la femme

 

Le mercredi 18 mars 2009, le Conseil du statut de la femme a mis en ligne sur la page d’accueil de son site Internet un texte faisant appel « à la vigilance concernant certaines données véhiculées par les médias sur le phénomène de la violence conjugale, dont celles de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) »[1].

 

Dans cet appel à la vigilance, le Conseil du statut de la femme n’explique aucunement pourquoi cet appel à la vigilance cible spécifiquement les données sur la violence conjugale publiées par l’Institut de la statistique du Québec, alors que ces données proviennent de l’Enquête sociale générale (ESG) sur la victimisation criminelle, qui a été conduite en 1999 et en 2004 par Statistique Canada et qu’elles ont également donné lieu à plusieurs analyses ou rapports publiés par Statistique Canada ou des chercheurs des milieux académiques. Les analyses publiées par l’Institut de la statistique du Québec sont tout à fait semblables et comparables à celles publiées par Statistique Canada et reposent sur les mêmes données.

 

Le Conseil du statut de la femme ne fournit aucune raison à l’appui de la décision de cibler sélectivement l’Institut de la statistique du Québec.

 

Il importe de rappeler que ces même données de l’ESG ont également été publiées par d’autres organismes, notamment l’Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie dans la publication Des femmes et des hommes, des différences et des similitudes à connaître dans le domaine socio-sanitaire (chapitre 12), et l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), dans la Trousse média que cet organisme affiche sur son site internet. En outre, les données sur la violence conjugale publiées par l’ISQ ont été largement reprises en 2007 par le Centre international pour la prévention de la criminalité (CIPC), dont le siège social est à Montréal, dans un rapport intitulé Sécurité et prévention au Québec :  une première approche globale  – État des lieux et analyse des informations disponibles sur les atteintes à la sécurité au Québec (chap.4, p. 47-85). Pourquoi le CSF a-t-il omis de mentionner ces organismes dans son appel à la vigilance?

 

Plus curieusement encore, le document du Conseil du statut de la femme intitulé Ampleur et nature de la violence subie par les femmes et les hommes : analyse sur quelques statistiques sur la violence conjugale, publié en février 2005, repose presqu’entièrement sur les données de l’Enquête sociale générale de 1999 publiées par l’Institut de la statistique du Québec en novembre 2003 dans le rapport La violence conjugale envers les hommes et les femmes au Québec et au Canada, 1999, exception faite de quelques données ayant trait aux homicides conjugaux et aux statistiques policières sur les infractions de violence conjugale publiées par le ministère de la Sécurité publique du Québec, qui sont présentées dans la dernière section du document du CSF de 2005.

 

Puisqu’il s’agit des mêmes données et des mêmes résultats, l’appel à la vigilance du CSF du 18 mars 2009 devrait logiquement cibler également cette publication, alors qu’au contraire, l’appel à la vigilance du CSF en recommande la lecture et que Mme Rioux, du Conseil du statut de la femme présente ce document comme représentatif de la position du CSF en matière de statistiques sur la violence conjugale.

 

Affirmations erronées de l’Appel à la vigilance du 18 mars 2009 du CSF

 

Le texte du 18 mars 2009 du Conseil du statut de la femme (CSF) affirme ensuite que « Ces données, recueillies à la lumière de l’Enquête sociale générale menée par Statistique Canada en 1999, minimisent la réalité identifiée par le ministère de la Sécurité publique (MSP) et reflètent rarement l’ampleur du phénomène de la violence faite aux femmes ».

 

Cette affirmation du CSF ne correspond pas à la réalité. Les données auxquelles fait allusion le CSF ont été recueillies non seulement lors de l’ESG de 1999, comme semble l’indiquer le texte du CSF, mais aussi lors de l’ESG de 2004. Ces deux enquêtes ayant été menées par Statistique Canada. Pourquoi le CSF omet-il de faire mention de l’ESG de 2004, puisque ce sont les données de cette enquête qui ont été mentionnées récemment dans divers médias au Québec?

 

En outre, le texte du CSF affirme que les données de l’ESG de 1999 « minimisent la réalité identifiée par le ministère de la Sécurité publique (MSP) et reflètent rarement l’ampleur du phénomène de la violence faite aux femmes ». Cette affirmation du Conseil du statut de la femme est absolument contraire à la réalité. Il suffit de comparer les résultats de deux sources de données que sont l’ESG, de Statistique Canada, et les données policières sur la criminalité commise en contexte conjugal, publiées annuellement par le ministère de la Sécurité publique du Québec, pour s’en convaincre.

 

Alors que le chiffre du ministère de la Sécurité publique cité le 18 mars 2009 par le CSF établit à 17 343 infractions enregistrées par les corps policiers chez les hommes et les femmes victimes de violence conjugale en 2007, dont 14 389 infractions subies par des femmes, les données de l’ESG de 2004 permettent d’estimer à 72 100 hommes et femmes, dont 36 800 femmes, les victimes de violence conjugale au cours de la période de 12 mois précédant l’enquête de 2004 (Sources : La criminalité commise dans un contexte conjugal au Québec — Statistiques 2007, ministère de la Sécurité publique du Québec, tableau 2, p. 28; Contexte et conséquences de la violence conjugale envers les hommes et les femmes au Canada en 2004, Institut de la statistique du Québec, tableau 2.2, p. 18).

 

En d’autres termes, l’estimation du nombre total de victimes de violence conjugale basée sur les données de l’ESG de 2004 est 4,16 fois plus élevée que le chiffre du ministère de la Sécurité publique du Québec cité par le CSF. En ce qui a trait spécifiquement aux victimes féminines, l’estimation basée sur les données de l’ESG de Statistique Canada est 2,6 fois plus élevée que les données publiées par le ministère de la Sécurité publique en 2007. C’est un affront à la logique et à la vérité la plus élémentaire que d’affirmer, comme le fait le Conseil du statut de la femme, que les résultats de l’ESG minimisent l’ampleur de la violence conjugale comparativement aux résultats des données policières pour la même année.

 

En ce qui a trait plus particulièrement aux résultats de l’ESG de 1999, l’écart est encore plus important que pour celui se rapportant à l’ESG de 2004. Sur la base des données de l’ESG de 1999, le rapport de l’ISQ publié en 2003 fait état d’une estimation établissant à 102 200 le nombre des hommes et des femmes, dont 62 700 femmes, qui ont rapporté avoir été victimes de violence conjugale en 1999 au cours des 12 mois précédant l’enquête menée par Statistique Canada (Source : La violence conjugale envers les hommes et les femmes au Québec et au Canada, 1999, Institut de la statistique du Québec, tableau 2.1, p. 36).

 

Autrement dit, ces résultats sont 5,9 fois plus élevés que le chiffre de 17 343 infractions de violence conjugale cité par le texte du CSF du 18 mars 2009. En ce qui a trait spécifiquement aux victimes féminines, l’estimation basée sur les données de l’ESG de 1999 est 4,36 fois plus élevée que les données publiées par le ministère de la Sécurité publique en 2007. On voit mal par quel raisonnement, si alambiqué puisse-t-il être, le CSF trouve le moyen d’affirmer que les données de l’ESG de 1999 publiées par l’ISQ minimisent « la réalité identifiée par le ministère de la Sécurité publique ». À cet égard, les affirmations faites par le CSF le 18 mars 2009 constituent une erreur factuelle manifeste et sont l’exact opposé de la vérité. L’ESG permet de détecter un nombre nettement plus élevé de victimes de violence conjugale que l’évaluation basée sur les données policières publiées annuellement par le ministère de la Sécurité publique du Québec. Il y a consensus absolu de la communauté scientifique à ce sujet, et le Conseil du statut de la femme est le seul organisme gouvernemental dans tout le Canada à nier une évidence factuelle.  

 

Il faut ajouter que les chiffres dont nous venons de faire état minimisent l’écart entre les estimations de l’ESG et les résultats des données policières publiées par le ministère de la Sécurité publique du Québec, car le texte du CSF compare des résultats de 2007 du ministère de la Sécurité publique à des estimations portant sur l’année 1999 (dans le cas de l’ESG de 1999) et l’année 2004 (dans le cas de l’ESG de 2004), ce qui introduit un biais méthodologique dans la comparaison.

 

Un tel biais résulte du fait qu’au cours des années, le nombre des infractions de violence conjugale portées à l’attention des services policiers a augmenté, ce qui fausse la comparaison. Pour éviter un tel biais, il faut que la comparaison porte sur la même année pour les deux sources de données, mais apparemment le Conseil du statut de la femme ne se préoccupe nullement de ce genre de « détail » méthodologique.  

 

Ainsi, selon les rapports du ministère de la Sécurité publique, il y a eu en 1999 environ 14 327 infractions de violence conjugale, comparativement à 16 743 en 2004 et à 17 343 en 2007 (Source : La criminalité commise dans un contexte conjugal au Québec – Statistiques 2007, annexe 2, tableau A). Chez les femmes, le nombre de victimes d’infractions de violence conjugale se situait à 12 404 en 1999, à 13 973 en 2004 et à 14 389 en 2007.

 

Le fait que le CSF compare les données policières de 2007 avec les estimations d’enquêtes portant respectivement sur les années 1999 et 2004 constitue une erreur méthodologique significative qui biaise la comparaison entre ces deux sources de données et qui a pour effet de minimiser l’écart entre les estimations de l’ESG et les données policières du ministère de la Sécurité publique pour les deux années en question. En prenant les données appropriées, on observe que l’estimation basée sur l’ESG de 1999 est, dans le cas des femmes, 5,1 fois plus élevée que celle du ministère de la Sécurité publique, alors que le même rapport s’établit à 2,6 pour les résultats obtenus lors de l’ESG de 2004.

 

Ces ratios montrent que les estimations basées sur l’ESG sont loin de minimiser l’ampleur de la violence conjugale comparativement aux résultats des données policières publiées par le ministère de la Sécurité publique. En faisant une telle affirmation contraire à la réalité, le CSF se trouve à induire le public en erreur et fait preuve d’une incompétence inqualifiable de la part d’un organisme public qui relève de la responsabilité de la ministre de la Condition féminine et que les contribuables québécois (qui sont encore et toujours parmi les plus imposés et taxés en Amérique du Nord) ne doivent pas tolérer de la part d’un organisme financé à 100 % par le gouvernement du Québec.        

 

Affirmations du 18 mars du CSF contredites par le ministère de la Sécurité publique

 

D’ailleurs la thèse du CSF à l’effet que les données de l’ESG « minimisent la réalité identifiée par le ministère de la Sécurité publique (MSP) et reflètent rarement l’ampleur du phénomène de la violence faite aux femmes  » a été contredite dans chacun des cinq derniers rapports annuels du ministère de la Sécurité publique sur les infractions annuelles de violence conjugale recensées par les services policiers au Québec.

 

À titre d’exemple, dans le rapport La criminalité commise dans un contexte conjugal au Québec – Statistiques 2007, document cité dans la mise en garde du 18 mars 2009 du CSF, l’analyse du ministère de la Sécurité publique souligne que :

« Les statistiques policières possèdent quelques limites qui doivent être considérées lors de l’interprétation. [...] Une des principales limites a trait au fait qu’une minorité des crimes commis dans un contexte conjugal est déclaré aux autorités policières et, par conséquent, fait partie des statistiques présentées. Les résultats de l’Enquête sociale générale de 2004 sur la victimisation criminelle au Canada, enquête qui vise entre autres à estimer la criminalité, qu’elles soit signalée ou non à la police, révèle que seulement 28 % des personnes ayant déclaré avoir subi de la violence dans un contexte conjugal auraient signalé l’incident à la police (Mihorean, 2006, p. 26 et 28) ».

(Source : La criminalité commise dans un contexte conjugal au Québec – Statistiques 2007, ministère de la Sécurité publique du Québec, p. 13).

Note : Les passages en caractères gras ont été mis en évidence par nous.

 

En d’autres termes, le Conseil du statut de la femme qui s’autorise à lancer des mises en garde sur l’utilisation des données sur la violence conjugale n’a même pas pris la peine de tenir compte des mises en garde du ministère de la Sécurité publique du Québec relativement aux limitations des données policières. Le ministère de la Sécurité publique du Québec a précisément recours aux données de l’ESG pour illustrer les limitations des données policières sur la violence conjugale. Visiblement, le Conseil du statut de la femme n’a pas compris la portée de la mise en garde faite par le ministère de la Sécurité publique du Québec relativement aux limitations des données policières. 

 

En outre, c’est loin d’être la première fois que le ministère de la Sécurité publique du Québec formule une telle mise en garde sur les limitations des données policières.

 

Ainsi dans le rapport sur la criminalité commise dans un contexte conjugal portant sur les données de l’année 2006 au Québec, cette mise en garde est formulée dans les termes suivants :

 « Les statistiques officielles possèdent certaines limites qui doivent être prises en considération lors de leur interprétation. Une première limite est qu’elles fournissent un portrait partiel de la criminalité commise dans un contexte conjugal car, pour qu’un crime figure dans les statistiques, il doit être détecté, être signalé aux autorités policières et être enregistré par celles-ci dans les dossiers officiels. Si l’une ou l’autre de ces étapes n’est pas complétée, le crime fait alors partie du chiffre noir de la criminalité, image qui représente les infractions non comptabilisées dans les statistiques officielles.

Ainsi, selon les résultats de la dernière enquête sur la victimisation criminelle au Canada3, seulement 28 % des victimes de crimes commis dans un contexte conjugal auraient communiqué avec la police, et ce, malgré l’existence de politiques qui les libèrent du fardeau de porter plainte contre leurs conjoint ou leurs ex-conjoints (voir encadré 1) ».

La note 3, au deuxième paragraphe de ce texte, contient les précisions suivantes : « L’Enquête sociale générale sur la victimisation criminelle vise, entre autres, à estimer la criminalité au Canada, qu’elle soit signalée ou non à la police. Cette enquête est produite aux cinq ans par le Centre canadien de la statistique juridique de statistique Canada. La dernière enquête a été réalisée en 2004 ».

(Source : La criminalité commise dans un contexte conjugal au Québec – Statistiques 2006, ministère de la Sécurité publique du Québec, p. 11).

Note : Les passages en caractères gras ont été mis en évidence par nous.

 

En fait, le ministère de la Sécurité publique du Québec se livre à la même mise en garde depuis plusieurs années. Une telle mise en garde était formulée dans les termes suivants dans le rapport Violence conjugale – Statistiques 2003, dans un encadré intitulé « L’utilité des enquêtes de victimisation criminelle » :

« Les statistique officielles sur la criminalité ne permettent pas toujours de mesurer l’étendue véritable de la criminalité, puisque seuls les crimes déclarés aux services policiers ou connus de ceux-ci font l’objet d’un enregistrement. Des enquêtes périodiques sur la victimisation criminelle sont donc menées pour estimer la prévalence et l’incidence réelles de la criminalité. Au Canada, Statistique Canada a effectué des enquêtes sur la victimisation criminelle à trois reprises à l’occasion de l’Enquête sociale générale (ESG), soit en 1988, en 1993 et en 1999.

Lors de l’ESG de 1999, Statistique Canada a recueilli, entre autres, des renseignements pour estimer la victimisation criminelle dans un contexte conjugal auprès des femmes et des hommes de 15 ans et plus. Dans l’ESG de 2004, cet organisme a réalisé une nouvelle enquête sur la victimisation criminelle dans un contexte conjugal. Les données plus à jour sur ce type de victimisation, qui seront disponibles vers la fin de 2005, permettront des comparaisons intéressantes avec les résultats obtenus en 1999 ».

Source : Violence conjugale – Statistiques 2003, ministère de la Sécurité publique du Québec, p. 2.

Note : Les passages en caractères gras ont été mis en évidence par nous.

 

Le rapport annuel de 2004 du ministère de la Sécurité publique sur les données policières sur la violence conjugale comportait un encadré similaire à celui du rapport de 2003, alors que la mise en garde insérée dans le rapport de 2005 se trouvait dans le texte même de l’introduction du rapport La criminalité commise dans un contexte conjugal – Statistiques 2005 :  

« Ces statistiques ne reflètent qu’une partie de la criminalité commise dans un contexte conjugal, car seulement 30 % des crimes commis dans un tel contexte seraient portés à la connaissance de la police».

La note 2 réfère au texte suivant : « Statistique canada, Enquête sociale générale de 2004 ».

Source : La criminalité commise dans un contexte conjugal – Statistiques 2005, ministère de la sécurité publique du Québec,  p. 1.

Note : Les passages en caractères gras ont été mis en évidence par nous. 

 

En somme, dans ses rapports de 2007, 2006, 2005, 2004 et 2003 sur la criminalité commise dans un contexte conjugal, le ministère de la Sécurité publique du Québec a statué exactement le contraire de ce qu’affirme le Conseil du statut de la femme dans son Appel à la vigilance du 18 mars 2009.

 

Il faut se demander s’il y a, au Conseil du statut de la femme du Québec, une seule personne qui se soit donné la peine de lire seulement l’introduction ou le premier chapitre de l’un ou l’autre des cinq derniers rapports annuels du ministère de la Sécurité publique sur la criminalité commise dans un contexte conjugal au Québec…

 

De plus, en dépit de l’évidente méconnaissance de la question au sein de la caste professionnelle du CSF, personne niveau de la direction du Conseil du statut de la femme ou du ministère de la Condition féminine du Québec ne semble s’être soucié de consulter le ministère de la Sécurité publique du Québec, Statistique Canada ou l’Institut de la statistique du Québec avant d’afficher son appel à la vigilance sur son site Internet. Ou même de relire les anciennes analyses du Conseil du statut de la femme qui abordent la question de la comparabilité des données policières et des résultats obtenus au moyen d’enquêtes menées en ayant recours à des échantillons représentatifs.

 

La lecture des anciennes analyses du Conseil du statut de la femme (essentiellement basées sur des données publiées dans le rapport de l’Institut de la statistique du Québec) par madame Christiane Pelchat,  présidente du Conseil du statut de la femme,  lui aurait peut-être évité de se mettre une fois de plus les pieds dans les plats, comme il semble que ce soit devenu son habitude. 

 

Affirmations du 18 mars 2009 CSF contredites par le CSF lui-même

 

Le texte du CSF mis en ligne le 18 mars voulant que les données de l’ESG  « minimisent la réalité identifiée par le ministère de la Sécurité publique (MSP) et reflètent rarement l’ampleur du phénomène de la violence faite aux femmes »  contredit également ce que dit à ce sujet le document intitulé Ampleur et nature de la violence subie par les femmes et les hommes : analyse de quelques statistiques sur la violence conjugale, publié par le CSF lui-même, en février 2005, et auquel le texte du 18 mars du CSF suggère spécifiquement de se référer. L’extrait suivant de ce document de 2005 du CSF contredit les affirmations de l’appel à la vigilance du 18 mars 2009 du CSF :

« Au Québec, les données de l’ESG rapportent que la proportion de victimes qui ont déclaré avoir fait appel à la police est un peu moins élevée qu’au Canada et les raisons qui motivent ou non la dénonciation sont différentes. Pour cette section, nous utiliserons donc les données québécoises. Ceci permettra aussi de faire le lien avec les données du ministère de la Sécurité publique.

La violence est plus susceptible d’être dénoncée à la police quand la victime est une femme (28 % contre 11 %), et pour les deux sexes, c’est la violence grave qui est le plus souvent signalée.

L’ESG estime que 14 600 incidents ont fait l’objet d’une dénonciation au cours de l’année précédant l’enquête. Les femmes constituent 79 % de ces cas. Ces données reflètent assez bien la réalité mesurée par les statistiques sur la criminalité en contexte conjugal diffusées par le ministère de la Sécurité publique du Québec. En fait, la relative concordance entre les deux sources indique que, au Québec, les actes dénoncés sont pris en considération et compilés par le système policier. Dans le reste du Canada, le fait que les statistiques policières font état d’un moins grand nombre de dénonciations que ce qui est estimé par l’ESG confirme les constatations de l’étude des Ministres responsables de la condition féminine7 à l’effet que les données sur la criminalité conjugale n’y sont pas adéquatement traitées.

Les données de la Sécurité publique portent sur les crimes contre la personne commis entre conjoints, ex-conjoints ou amis intimes, signalés à la police et jugés fondés après enquête. Pour 1999, elles indiquent 14 243 infractions, dont 86,5 % subies par des femmes et 13,5 % par des hommes. Cette mesure des actes d’agression commis dans un cadre conjugal montre des résultats moins élevés que les taux de prévalence fournis par les enquêtes de population parce qu’une portion importante des actes identifiés au Code criminel n’est jamais rapportée aux autorités ».

Source : Lucie Bélanger (2005). Ampleur et nature de la violence subie par les femmes et les hommes : analyse de quelques statistiques sur la violence conjugale, Conseil du statut de la femme du Québec, p. 21.

Note : Les passages en caractères gras ont été mis en évidence par nous.  

 

On se demande par quelle transmutation les données sur la violence conjugale publiées par l’ISQ, qui « minimisent la réalité identifiée par le ministère de la Sécurité publique (MSP) et reflètent rarement l’ampleur du phénomène de la violence faite aux femmes  » cessent d’avoir cette propriété maléfique aussitôt qu’elles sont reprises dans un document publié par le Conseil du statut de la femme. Le CSF a-t-il recours à l’exorcisme pour chasser l’esprit malin des tableaux statistiques sur la violence conjugale publiés par l’Institut de la statistique du Québec, de manière à pouvoir les utiliser par la suite?

 

Le fait demeure que le texte de l’Appel à la vigilance mis en ligne par le CSF le 18 mars dernier est directement contredit par le document du CSF publié en février 2005. Le moins que le CSF puisse faire, c’est d’expliquer les raisons motivant ce virage à 180 degrés quant à la comparaison de ces deux sources de données. Qui dit vrai : le CSF en 2005 ou le CSF en 2009 qui affirme exactement le contraire de ce que disait le CSF en 2005?

 

Affirmations du 18 mars 2009 du CSF contredites par Statistique Canada

 

Enfin, Statistique Canada a explicité à de multiples reprises la distinction entre les données policières sur la violence conjugale et les estimations de la prévalence annuelle de la violence obtenues au moyen de données recueillies auprès d’échantillons représentatifs de la population, comme c’est le cas pour l’Enquête sociale générale :

« Au Canada, diverses sources de données peuvent servir à examiner la nature et l’étendue de la violence familiale. Celles-ci se répartissent en deux catégories générales, les données des enquêtes sur les victimes de la criminalité qui reposent sur des expériences de violence familiale déclarées par la victime aux intervieweurs d’enquête, et les données fondées sur les affaires signalées à la police, aux hôpitaux, aux coroners, aux services d’aide à l’enfance ou aux autres organismes de services sociaux.

[...]

Les estimations de la fréquence de la violence familiale fondées sur les affaires signalées à la police et à d’autres agences sont particulièrement sensibles aux facteurs confusionnels supplémentaires, notamment le secret entourant l’affaire, la dépendance de la victime à l’égard de l’agresseur, le peu de connaissances des services d’aide disponibles et la crainte de représailles si l’acte est signalé aux autorités. Tous ces facteurs incitent à une sous déclaration et, par conséquent, à une sous-estimation de l’étendue du problème (Johnson, 1996; Della Femina, Yeager et Lewis, 1990; Widom, 1988).

Source : La violence familiale au Canada : un profil statistique 2000, Statistique Canada, p. 9.

Note : Les passages en caractères gras ont été mis en évidence par nous.  

 

« Deux indicateurs distincts de la criminalité : les données déclarées par la police et les données signalées par la victime

Les données sur les victimes de la criminalité déclarées par la police et signalées par la victime produisent deux séries distinctes d’indicateurs de la criminalité.

Le Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire (DUC2) permet de recueillir des renseignements sur les infractions criminelles déclarées à la police ou détectées par elle. Toutefois, il est notoire que seule une petite proportion de toutes les activités criminelles sont signalées à la police. Pour devenir « connu de la police » un crime doit survivre une succession de décisions de la victime et de la police, y compris la reconnaissance par la victime de l’existence d’un crime, une volonté de le déclarer et les mesures prises par la police pour consigner l’incident dans les dossiers officiels. Par conséquent, toute mesure de l’activité criminelle au moyen des statistiques officielles sur la criminalité produirait une sous-estimation.

Les enquêtes sur les victimes de la criminalité ont évolué à partir d’un besoin reconnu d’information au sujet de la « face cachée de la criminalité », soit les crimes qui ne sont pas déclarés à la police et qui, par conséquent, ne sont pas inclus dans les statistiques policières. Ces données sont obtenues des victimes elles-mêmes, peu importe que l’incident ait été ou non porté à l’intention de la police ».

Source : La violence familiale au Canada : un profil statistique 2000, Statistique Canada, p. 23.

Note : Les passages en caractères gras ont été mis en évidence par nous.

 

« Jusqu’en 1993, les statistiques de la police étaient l’unique source d’information sur la nature et l’étendue de la violence conjugale au Canada. Cependant, on convenait de façon générale que le recours à ces données présentait des limites parce qu’elles comprenaient seulement les incidents portés à l’attention de la police. Étant donné la dimension « cachée » de ces incidents, la violence conjugale est une infraction qui n’est pas souvent signalée aux autorités. Afin de dresser un tableau plus exhaustif de la nature, de l’étendue et des répercussions de la violence envers les femmes au Canada, Statistique Canada a mesuré la violence faite aux femmes de 16 ans et plus au moyen d’une enquête nationale auprès de la population pour la première fois en 1993. L’Enquête sur la violence envers les femmes a été financée par Santé Canada dans le cadre de l’Initiative de lutte contre la violence familiale du gouvernement fédéral ».

Source : La violence familiale au Canada : un profil statistique 2005, Statistique Canada, p. 13.

Note : Les passages en caractères gras ont été mis en évidence par nous.

 

Plus récemment encore, un article de Statistique Canada sur les tendances en matière de violence conjugale auto-déclarée au Canada affirme très clairement que les données policières ne donnent qu’un portrait partiel de la réalité et que les enquêtes menées auprès de l’ensemble de la population au moyen d’échantillons représentatifs visent à pallier à cette lacune :

« Jusqu’en 1993, les statistiques de la police étaient l’unique source d’information nationale sur la nature et l’étendue de la violence conjugale au Canada. Cependant, on convenait de façon générale qu’il était limitatif de se fier à ces données qui englobaient seulement les incidents ayant été portés à l’attention de la police. Étant donné la nature délicate de ces incidents, la violence conjugale est une infraction qui est rarement déclarée aux autorités.

Afin de dresser un tableau plus exhaustif de la nature et de l’étendue de la violence conjugale, Statistique Canada a mesuré la violence conjugale faite aux femmes, pour la première fois en 1993, par le biais de l’Enquête sur la violence envers les femmes (EVEF).

En 1999, Statistique Canada a commencé à recueillir de l’information sur la violence conjugale envers les femmes et les hommes par l’intermédiaire de son Enquête sociale générale (ESG) sur la victimisation ».

Source : Statistique Canada (2008). Quelles sont les tendances en matière de violence conjugale autodéclarée au Canada?, p. 2.

 

Affirmations du 18 mars 2009 du CSF contredites dans des rapports parrainés par les ministères fédéral, provinciaux et territoriaux de la condition féminine

 

Un rapport publié en 2002 par Condition féminine Canada à la demande des ministres responsables de la condition féminine à l’échelle fédérale, provinciale et territoriale affirme que « les données des enquêtes sur la victimisation sont plus exhaustives que les statistiques policières » :

« Les données des enquêtes sur la victimisation sont plus exhaustives que les statistiques policières parce que très peu de cas d’agression sexuelle et de violence conjugale sont signalés à la police par les femmes victimes. Par conséquent, la plupart des actes de violence contre les femmes ne sont pas consignés dans les statistiques des services policiers. Les enquêtes sur la victimisation font ressortir une proportion supérieure de cas de violence, comparativement aux données communiquées par la police, et les enquêtes spécialisées brossent un tableau plus approfondi que les enquêtes fondées sur une approche plus générale (Johnson, 1998) ».

Source : Les ministres responsables de la condition féminine à l’échelle fédérale, provinciale, et territoriale (2002). Évaluation de la violence contre les femmes : un profil statistique, p. 6.

Note : Les passages en caractères gras ont été mis en évidence par nous.

 

Enfin, un rapport publié en octobre 2006 par Statistique Canada et parrainé par les ministères fédéral, provinciaux, et territoriaux de la condition féminine mentionne expressément que les données policières ne présentent qu’un portrait partiel de la violence conjugale subie par les femmes et que les enquêtes sur la victimisation sont devenues la norme pour ce qui est d’estimer la nature et l’étendue de la violence conjugale contre les femmes dans la population :

« Il est difficile d’estimer l’étendue de la violence faite aux femmes — c’est-à-dire le nombre de femmes dans la population qui sont touchées par la violence — en raison de la nature très privée de ces expériences. Même si un sous-ensemble de services de police au Canada est en mesure d’indiquer le sexe des victimes et des auteurs pour les crimes qui lui sont signalés, le nombre d’affaires de violence contre les femmes est sous-estimé, car seulement un peu plus du tiers des agressions entre conjoints et moins de 10 % des agressions sexuelles sont signalées à la police.

[...]

Les enquêtes sur la victimisation, par opposition aux enquêtes auprès de la police, sont devenues la norme pour ce qui est d’estimer la nature et l’étendue de la violence contre les femmes dans la population générale.

Source : Mesure de la violence faite aux femmes – tendances statistiques 2006, p.20.

Note : Les passages en caractères gras ont été mis en évidence par nous

 

Les affirmations erronées du Conseil du statut de la femme voulant que les données de l’ESG « minimisent la réalité identifiée par le ministère de la Sécurité publique (MSP) et reflètent rarement l’ampleur du phénomène de la violence faite aux femmes » montrent que les responsables du Conseil du statut de la femme et celles du ministère de la Condition féminine du Québec ne se donnent même pas la peine de lire les documents parrainés par les ministères fédéral, provinciaux et territoriaux de la Condition féminine au Canada sur la mesure de la violence conjugale envers les femmes.

 

Étant donné la méconnaissance totale du sujet qu’affiche la caste professionnelle des « expertes » du CSF et le ministère de la Condition féminine du Québec, il y aurait lieu que le Conseil du statut de la femme et que le ministère de la Condition féminine du Québec se donnent comme priorité de donner à leur personnel respectif une formation de base en statistiques sur la violence conjugale afin de prévenir la diffusion d’inepties embarrassantes comme celles que recèle l’Appel à la vigilance du 18 mars 2009.

 

Il serait possible d’allonger considérablement la liste des citations qui indiquent que les données policières présentent un portrait partiel de la criminalité et de la violence conjugale. En affirmant péremptoirement que « ces données, recueillies à la lumière de l’Enquête sociale générale menée par Statistique Canada en 1999, minimisent la réalité identifiée par le ministère de la Sécurité publique (MSP) et reflètent rarement l’ampleur du phénomène de la violence faite aux femmes », le Conseil du statut de la femme s’inscrit résolument à l’encontre du consensus de la communauté scientifique sur la question et induit délibérément la population du Québec en erreur.

 

Affirmations du 18 mars 2009 du CSF contredites par l’Institut de la statistique du Québec

 

Finalement, les rapports de l’Institut de la statistique du Québec sur la violence conjugale ont montré à plusieurs occasions que les données policières ne recensent qu’une partie de la violence conjugale et que les données recueillies au moyen de l’ESG permettent d’estimer de manière satisfaisante le nombre de victimes de violence conjugale dont la situation a été portée à la connaissance de la police.

 

C’est le cas, notamment, dans le rapport La violence conjugale envers les hommes et les femmes au Québec et au Canada, 1999, qui cite à ce propos Holly Johnston de Statistique Canada :

« Au Canada, des statistiques officielles de la criminalité sont établies en vertu du Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC), auquel participent tous les corps de police. Les statistiques produites à partir de ce programme ne permettent pas toujours de mesurer l’étendue véritable des crimes contre les personnes, puisque seuls les crimes déclarés aux services policiers et jugés fondés après une première enquête font l’objet d’un enregistrement.

Afin de remédier à cette lacune, des enquêtes périodiques sur la victimisation sont menées pour mesurer la prévalence et l’incidence réelles de certaines infractions, notamment en matière de crimes avec violence (H. Johnson, 2000 : 22) ».

Source : La violence conjugale envers les hommes et les femmes au Québec et au Canada, 1999, p. 19.

Note : Les passages en caractères gras ont été mis en évidence par nous.  

 

« Les statistiques policières sur la criminalité enregistrent une portion encore plus restreinte des agressions entre conjoints. Les agressions signalées aux services policiers sont, dans la grande majorité des cas, perpétrées par des hommes (Straus, 1999 : 18; Straus, 1997 : 213). En ce qui concerne les incidents de violence conjugale, les statistiques policières comportent des biais de même nature que ceux inhérents aux enquêtes sur la victimisation criminelle (Straus, 1997 : 213), tout en prenant en général un caractère plus accentué.

Dans le cas des statistiques criminelles, de nombreux facteurs de sélection interviennent de façon sous-jacente et contribuent à façonner le résultat observé.

Ainsi, dans le cas des infractions criminelles, Thomassin (2000 : 3-4) souligne que les statistiques officielles sur la mesure de la criminalité constituent le produit d’un processus social et que trois étapes doivent être franchies pour qu’un crime fasse partie des statistiques officielles : la détection ou la définition du crime, notamment par la victime; le signalement aux autorités policières et, enfin, l’enregistrement du crime, si l’enquête policière établit que la plainte est fondée. Thomassin indique notamment que les cas de violence conjugale sont bien moins souvent signalés aux autorités que d’autres catégories d’infractions, car les victimes de violence conjugale doivent tenir compte de plusieurs facteurs avant de décider si elles portent le crime à la connaissance des services policiers ».

Source : La violence conjugale envers les hommes et les femmes au Québec et au Canada, 1999, p. 45.

Note : Les passages en caractères gras ont été mis en évidence par nous.  

 

Ces extraits du rapport de l’ISQ publié en novembre 2003 font état des mêmes arguments que ceux mentionnés dans le rapport La criminalité commise dans un contexte conjugal au Québec – Statistiques 2006, (p. 11), publié en septembre 2007 par le ministère de la Sécurité publique du Québec pour expliquer le fait que les événements de violence conjugale signalés aux services policiers ne constituent qu’une partie des cas que recensent les enquêtes menées au moyen d’un échantillon représentatif de la population comme c’est le cas de l’ESG.

 

De plus, divers rapports produits par l’ISQ montrent que les données recueillies lors de l’ESG permettent d’estimer de manière empirique, avec un bon degré de précision, le nombre de victimes de violence conjugale dont la situation a été signalée à la police :

« Selon l’ESG de 2004, le nombre de cas de violence conjugale signalés à la police au Québec au cours des 12 mois précédant l’enquête est de 14 800. Selon un rapport du ministère de la Sécurité publique du Québec, le nombre d’infractions réelles de violence conjugale portées à l’attention des services policiers en 2004 est de 16 709 (Motard, 2005 : 8, tableau 1). Le rapport précise en outre que 44 % de ces infractions ont été perpétrées par le conjoint actuel de la victime, 42 % par un ex-conjoint et 14 % par un ami intime (Motard, 2005 : 13). Comme l’ESG ne porte que sur la violence du conjoint ou d’un ex-conjoint, il faut soustraire des statistiques du ministère de la Sécurité publique du Québec, les infractions commises par un ami intime. Cet ajustement ramène à 14 370 le nombre des infractions de violence conjugale enregistrées par les services policiers au moyen de la Déclaration uniforme de la criminalité fondée sur l’affaire (DUC2). Les statistiques policières de 2004, soit 14 370 infractions, corroborent l’estimation de l’ESG de 2004 quant au nombre de victimes de violence conjugale dont la situation a été portée à l’attention de la police au Québec, soit 14 80061 ».

 

La note 61 en bas de page est libellée ainsi :

« L’ESG de 2004 n’est pas la seule enquête ayant produit une estimation du nombre de cas de violence conjugale portés à l’attention de la police qui est corroborée par les statistiques policières sur les infractions de violence conjugale. L’ESG de 1999 en fournit un exemple additionnel. Selon le rapport du ministère de la Sécurité publique du Québec de 2003, il y a eu 14 327 infractions de violence conjugale signalées aux services policiers en 1999, dont 12 404 subies par des femmes et 1 923 par des hommes (Motard, 2005 : 70, tableau B). Le rapport du ministère de la Sécurité publique du Québec de

1999 précise en outre que 10,8 % du total des infractions avaient été perpétrées par un ami intime; dans le cas des victimes de sexe féminin, cette proportion était de 9,6 % (Motard, 2000 : 18, tableau 9). Après ajustement pour exclure les infractions perpétrées par un ami intime, le total des infractions de violence conjugale perpétrées par le conjoint ou un ex-conjoint se chiffrait à environ 12 951; chez les victimes de sexe féminin, le chiffre se situait à environ 11 213. Selon les estimations de l’ESG de 1999, environ 14 400 cas de violence par un conjoint ou un ex-conjoint ont été portés à l’attention des services policiers, dont 11 600 environ par des femmes (Laroche, 2003 : 188, tableau 8.3).

Pour sa part, l’Enquête sociale et de santé de 1998, menée auprès de 2 120 femmes (Riou, Rinfret-Raynor et Cantin, 2003 : 67) révèle que 12 000 femmes victimes de violence conjugale au cours des 12 mois précédant l’enquête ont vu leur situation portée à l’attention des services policiers au Québec (Riou, Rinfret-Raynor et Cantin, 2003 : 77, tableau 3.4). Selon le rapport du ministère de la Sécurité publique du Québec de 2003, 11 768 infractions de violence conjugale subie par des femmes ont été signalées en 1998 aux services policiers au Québec (Motard, 2003 : 77, tableau 3.4).

Source : Contexte et conséquences de la violence conjugale envers les hommes et les femmes au Canada en 2004, p. 70.

 

Ces extraits suffisent à montrer qu’il ne se trouve absolument aucune opposition entre les estimations de la prévalence de la violence conjugale produites au moyen des données recueillies lors de l’Enquête sociale générale et les données policières enregistrées au moyen de la DUC2. Les données de l’ESG (ou d’autres enquêtes populationnelles comme l’Enquête sociale et de santé de 1998) permettent d’estimer avec un  très bon degré de  précision le nombre de cas qui sont portés à l’attention des services policiers au Québec.

 

Prétendre comme le fait l’Appel à la vigilance publié par le CSF le 18 mars 2009 que les données de l’ESG « minimisent la réalité identifiée par le ministère de la Sécurité publique (MSP) et reflètent rarement l’ampleur du phénomène de la violence faite aux femmes  » témoigne d’une méconnaissance totale tant des distinctions méthodologiques entre les données populationnelles et les données policières que des résultats réels obtenus au moyen de ces deux approches, qui ne sont nullement en opposition, mais qui se corroborent et se complètent mutuellement, comme on vient tout juste de le voir. Comment se fait-il que la caste professionnelle du CSF ne soit pas informée de la nature complémentaire de ces deux sources de données, qui a été vérifiée de manière empirique dans le cas du Québec ?

 

En affirmant, de manière erronée, que ces deux sources de données s’opposent et se contredisent, le CSF induit la population du Québec en erreur. Le CSF et le ministère de la Condition féminine seraient bien avisés de se rétracter s’ils désirent conserver un semblant de crédibilité en matière de statistiques sur la violence conjugale auprès de la population du Québec.

 

La Lettre du 18 mars 2009 sur les statistiques sur la violence conjugale, signée par Christiane Pelchat, présidente du CSF

 

Le texte mis en ligne par le CSF le 18 mars 2009 réfère de plus à une lettre signée par la présidente Christiane Pelchat qui pousse encore plus loin les affirmations du CSF sur les statistiques sur la violence conjugale. Il semble que cette lettre s’adresse à l’ensemble des intervenants en matière de violence conjugale, comme semble l’indiquer le passage suivant :

« Afin d’assurer une utilisation et une interprétation adéquates des diverses données existantes, le Conseil du statut de la femme a produit, en 2005, un document d’information. Je vous invite à relire ce document et à le diffuser dans vos réseaux afin de sensibiliser les femmes et les hommes qui y travaillent ainsi que vos partenaires. La mobilisation de tous les acteurs est nécessaire pour contrer la banalisation de la violence faite aux femmes ».

Source : Lettre du 18 mars 2009 sur les statistiques sur la violence conjugale  de la présidente du Conseil du statut de la femme.

Note : Les passages en caractères gras ont été mis en évidence par nous

 

La lettre de Mme Pelchat regorge d’erreurs factuelles quant aux données publiées par l’ISQ et quant à la relation entre les données policières et les estimations obtenues au moyen d’enquêtes populationnelles comme l’ESG.

 

Conseil du statut de la femme
À quelques jours de Noël, le gouvernement a offert un gros cadeau à la nouvelle présidente du Conseil du statut de la femme.

Mme Christiane Pelchat a obtenu un salaire 28 % plus élevé que sa prédecesseure, soit 132 592 $. Voilà qui suscite beaucoup de questions. Incidemment, Mme Pelchat a déjà été députée puis haute fonctionnaire, et elle continuera de toucher la moitié de sa pension. Elle recevra en plus une allocation non imposable de 11 000 $ pour couvrir ses frais de séjour à Québec où se trouve le siège social du Conseil. La présidente sortante ne touchait pas une telle allocation.

(...)

Mme Pelchat devrait renoncer à son allocation non imposable de même qu’à sa pension de députée pour le reste de son mandat à la présidence du Conseil du statut de la femme. De son côté, le gouvernement a le devoir de justifier son importante hausse de salaire sans quoi ce salaire devrait être revu à la baisse. La crédibilité de Mme Pelchat ainsi que celle de l’organisme qu’elle représente en dépendent. Si elle accepte les largesses du gouvernement, comment la prendre au sérieux quand elle nous parlera d’égalité, de solidarité ou de justice sociale?
(...)

Source: Ligue des contribuables du Québec, Décembre 2006
En ligne:  http://www.soscontribuables.ca/argent/conseil_femme.html


Notamment, la présidente du conseil du statut de la femme reprend à son compte, l’affirmation erronée à l’effet que les données de l’ESG  « minimisent la réalité identifiée par le ministère de la Sécurité publique (MSP) et reflètent rarement l’ampleur du phénomène de la violence faite aux femmes », comme en témoigne le passage suivant de la lettre : 

« Cependant, des données véhiculées par les médias, dont celles de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), recueillies à la lumière de l’Enquête sociale générale menée par Statistique Canada en 1999, minimisent

la réalité identifiée par le ministère de la Sécurité publique (MSP) et contribuent à banaliser le phénomène de la violence faite aux femmes, ce qui nous préoccupe grandement. De telles données, qui reposent sur des enquêtes de population, reflètent rarement l’ampleur du phénomène de la violence conjugale ».

Source : Lettre du 18 mars 2009 sur les statistiques sur la violence conjugale  de la présidente du Conseil du statut de la femme.

Note : Les passages en caractères gras ont été mis en évidence par nous

 

Il a été amplement démontré dans les sections précédentes que cette affirmation du CSF est contraire à la réalité et que ce sont plutôt les données policières publiées par le ministère de la Sécurité publique qui constituent une évaluation partielle de l’ampleur de la violence conjugale subie par les victimes, notamment les femmes. Il n’est pas nécessaire de reprendre à nouveau cette démonstration de manière détaillée.

 

On se demande si la présidente du Conseil du statut de la femme du Québec est vraiment capable de faire la distinction méthodologique entre les données policières sur la violence conjugale et les résultats obtenus au moyen d’une enquête conduite auprès d’un échantillon représentatif de la population et de saisir les limitations inhérentes aux données des services de police recueillies au moyen du protocole de la DUC2 ?

 

Le dictionnaire Le Robert définit ainsi le verbe « minimiser » : « 1. Présenter en donnant de moindres proportions; réduire l’importance de. => diminuer, minorer ». Cette définition ne correspond aucunement à la présentation par l’Institut de la statistique du Québec des résultats de l’ESG de 1999 et de 2004 qui sont, comme on l’a montré plus haut dans le cas de la violence conjugale subie par les femmes, respectivement 5,1 fois et 2,6 fois plus élevés que le nombre de femmes victimes de violence recensées par les données policières publiées par le ministère de la Sécurité publique du Québec pour ces mêmes années 1999 et 2004. Quant la présidente affirme que les rapports de l’Institut de la statistique du Québec minimisent le nombre de femmes victimes de violence conjugale, il s’agit d’un affront à la vérité.

 

Cependant, la présidente du Conseil du statut de la femme, en plus de se livrer à l’affirmation erronée que les données de l’ESG minimisent l’ampleur de la violence conjugale, ajoute que les données de l’ISQ véhiculées par les médias contribuent « à banaliser le phénomène de la violence conjugale ».

 

Le dictionnaire Le Robert définit ainsi le verbe « banaliser » : « 1. Rendre banal, ordinaire [...] Rendre commun, faire entrer dans les habitudes sociales ». Cette définition ne correspond pas à ce qu’affirment les analyses des données de l’ESG par l’ISQ :

« Les hommes et les femmes victimes de violence conjugale se différencient quant aux répercussions physiques ou psychologiques que le recours à la violence par un conjoint ou un ex-conjoint est souvent susceptible d’entraîner. La violence risque, nettement plus chez les femmes que chez les hommes, de causer des blessures, de nécessiter des soins dans un hôpital, ou des soins et un suivi médical par un médecin ou une infirmière, d’occasionner une interruption des activités quotidiennes normales des victimes ou même de les amener à craindre pour leur vie. Les femmes mentionnent également avoir éprouvé des répercussions psychologiques à la suite de la violence conjugale dans des proportions plus élevées que les hommes ».

Source : La violence conjugale envers les hommes et les femmes au Québec et au Canada, 1999, Institut de la statistique du Québec, p. 222, [En ligne] : http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/conditions/pdf/ViolenH_F-3.pdf.

Note : Les passages en caractères gras ont été mis en évidence par nous

 

L’Institut de la statistique du Québec souligne à nouveau dans le rapport Contexte et conséquences de la violence conjugale envers les hommes et les femmes au Canada, en 2004, publié en 2007, que les victimes féminines de la violence conjugale rapportent en plus grande proportion que les victimes masculines des conséquences physiques ou cliniques de la violence conjugale :

 

« Les hommes et les femmes victimes de violence conjugale se différencient quant aux répercussions physiques que le recours à la violence par un conjoint ou un ex-conjoint est souvent susceptible d’entraîner (tableau 2.5). Selon les données de l’ESG de 2004 pour l’ensemble du Canada, la violence conjugale risque, nettement plus chez les femmes que chez les hommes, de causer des blessures (respectivement 44 % et 19 %), de nécessiter des soins médicaux à l’hôpital ou des soins ou un suivi par un médecin ou une infirmière (respectivement 13 % et 2 %). Ces différences entre les hommes et les femmes sur les blessures et les soins médicaux reçus par suite de violence conjugale reflètent les résultats de la méta-analyse menée par Archer (2000 : 657). En outre, selon les données de l’ESG de 2004, la violence risque d’occasionner, plus souvent chez les femmes que chez les hommes, une interruption des activités quotidiennes habituelles (29 % et 10 % respectivement) ou un sentiment de crainte pour leur vie (35 % et 10 % respectivement).

 [...]

Les résultats obtenus avec les données de l’ESG de 2004 sont similaires à ceux qu’on a obtenus avec l’ESG de 1999 (Laroche, 2004 : 8). Le constat que les femmes rapportent en plus grande proportion que les hommes des conséquences physiques par suite de violence conjugale, notamment des blessures ou le besoin de soins médicaux, se reproduit dans plusieurs enquêtes (Hamel et Nicholls, dir., 2007 : 11; Felson et Cares, 2005 : 1184; Ehrensaft, Moffi tt et Caspi, 2004 : 268; Anderson, 2002 : 853; Archer, 2000 : 657; Tjaden et Thoennes, 2000 : 154; Straus, 1999 : 21, 23; Sorenson, Upchurch et Shen, 1996 : 37; Morse, 1995 : 265-268; Brush, 1990 : 61; Stets et Straus, 1990 : 157) ».

Source : Contexte et conséquences de la violence conjugale envers les hommes et les femmes au Canada, en 2004, Institut de la statistique du Québec, p. 27.

Note : Les passages en caractères gras ont été mis en évidence par nous

 

« De la même manière, pour la plupart des diverses formes de conséquences physiques ou cliniques de la violence, le taux de prévalence des situations de terrorisme conjugal grave est nettement plus élevé chez les femmes que chez les hommes. Tel est le cas en ce qui concerne les hommes et les femmes qui, par suite de terrorisme conjugal grave, ont reçu des soins dans un hôpital ou des soins ou le suivi d’un médecin ou d’une infirmière (1 ‰ et 6 ‰ respectivement), ceux et celles dont la situation a été signalée à la police (7 ‰ et 13 ‰ respectivement), ceux et celles qui ont reçu de l’aide dans un centre d’aide ou d’hébergement (1 ‰ et 6 ‰ respectivement), ceux et celles qui ont craint à un moment ou l’autre pour leur vie (5 ‰ et 15 ‰ respectivement). Il en est de même des hommes et des femmes qui, par suite de terrorisme conjugal grave au cours des cinq années précédant l’enquête, ont rapporté une « situation de violence clinique I » (11 ‰ et 20 ‰ respectivement), ou qui ont fait état d’une « situation de violence clinique II » (12 ‰ et 22 ‰ respectivement) ».

Source : Contexte et conséquences de la violence conjugale envers les hommes et les femmes au Canada, en 2004, Institut de la statistique du Québec, p. 44.

Note : Les passages en caractères gras ont été mis en évidence par nous

 

Comme le montrent les divers extraits reproduits ci-dessus, l’affirmation de la présidente du Conseil du statut de la femme est absolument contraire aux faits et constitue une falsification délibérée et complète de l’interprétation et de la présentation des données de l’ESG faites par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) dans les rapports sur la violence conjugale que cet organisme a publiés et mis en ligne sur son site Internet.

 

Finalement, l’ISQ a, de longue date, inséré dans ses rapports sur la violence conjugale des mises en garde quant à la prudence et la modération avec laquelle il convient d’interpréter ces résultats, en soulignant précisément que les diverses distinctions entre la violence mineure ou la violence grave ou entre la violence situationnelle et les situations de « terrorisme conjugal »  ne doivent pas être interprétées de manière à minimiser ou à banaliser le phénomène de la violence conjugale, que la victime soit un homme ou une femme :

 « La violence conjugale n’est jamais sans conséquence. Aucune forme de violence conjugale n’est acceptable, que l’agresseur soit un homme ou une femme. Ce serait une très grave erreur d’interpréter les distinctions entre violence mineure et violence grave, et entre violence situationnelle et terrorisme conjugal, de manière à banaliser une partie de la violence ou à s’en déresponsabiliser ».

Source : Institut de la statistique du Québec, Prévalence et conséquences de la violence conjugale envers les hommes et les femmes, juillet 2005, p. 27.

Note : Les passages en caractères gras ont été mis en évidence par nous

 

« Quelle que soit la forme sous laquelle elle se manifeste, la violence conjugale n’est jamais sans conséquences. Les distinctions établies par la recherche entre la violence mineure et la violence grave ou entre la violence situationnelle et le terrorisme conjugal ne doivent pas être interprétées de manière à banaliser ou à minimiser une partie de la violence. Ces distinctions offrent plutôt la possibilité de définir des interventions mieux adaptées pour la contrer et, dans une mesure grandissante, pour la prévenir ».

Source : Institut de la statistique du Québec, Contexte et conséquences de la violence conjugale envers les hommes et les femmes au Canada en 2004, juin 2007, p. 107.

Note : Les passages en caractères gras ont été mis en évidence par nous

 

Ces quelques extraits montrent de manière absolument irréfutable que l’Institut de la statistique du Québec a explicitement mis en garde les utilisateurs de ces données et de ces analyses contre la tentation de les interpréter de manière à minimiser et à banaliser la violence conjugale subie notamment par les femmes, ainsi que celle subie par les hommes. 

 

La lettre du 18 mars sur les statistiques sur la violence conjugale de la présidente du Conseil du statut de la femme montre que c’est précisément le Conseil du statut de la femme qui se livre à une minimisation et à une banalisation systématique d’une partie très importante de la violence conjugale en omettant complètement de mentionner que les hommes avec une conjointe ou une ex-conjointe subissent de la violence en proportion similaire aux femmes, même si les conséquences physiques et cliniques de cette violence semblent généralement être moindres pour les hommes.

 

Des centaines d’études dans de multiples pays font le même constat empirique que persiste à ignorer la présidente du Conseil du statut de la femme. En outre, il n’est pas acquis que les conséquences psychologiques et affectives de la violence conjugale soient moins importantes pour les hommes que pour les femmes.

Source : Martin S. Fiebert, References Examining Assaults by Women on Their Spouses or Male Partners: An Annotated Bibliography, [Lien Internet] : http://www.csulb.edu/~mfiebert/assault.htm

 

Conclusion

 

Cette revue de la littérature pertinente montre avec de nombreuses citations à l’appui que l’Appel à la vigilance du 18 mars 2009 du Conseil du statut de la femme sur les statistiques sur la violence conjugale qui affirme que les données de l’ESG de 1999 minimisent la réalité de la violence conjugale identifiée par les données policières publiées annuellement par le ministère de la Sécurité publique du Québec constituent purement et simplement un mensonge. Le Conseil du statut de femme du Québec est le seul organisme gouvernemental dans tout le Canada à avancer une telle ineptiedncompétence les filles !

 

La vérité se situe aux antipodes des mensonges véhiculés par le Conseil du statut de la femme. Les données de l’ESG donnent un portrait nettement plus proche de la réalité de la violence conjugale que les données policières. Il y a consensus unanimes des milieux scientifiques à ce sujet. En outre, les données de l’ESG ainsi que celle de l’Enquête sociale et de santé permettent d’estimer avec un bon degré de précision le nombre de femmes dont la situation a été signalée à la police. Les données policières et les données d’enquêtes qui proviennent de l’ESG ne sont aucunement contradictoires, comme le prétend à tort le Conseil du statut de la femme; elles sont complémentaires.

 

La présidente du Conseil du statut de la femme induit également la population du Québec en erreur quand elle prétend que les analyses sur la violence conjugale que l’Institut de la statistique du Québec a produites au moyen des données de l’Enquête sociale générale de Statistique Canada minimisent et banalisent la violence conjugale faite aux femmes, comme le montrent les divers extraits cités dans la section précédente. Vérification faite, l’Institut de la statistique du Québec a précisément inséré une mise en garde contre la tentation d’utiliser ces résultats pour minimiser et banaliser la violence conjugale, que la victime soit une femme ou un homme. Au contraire, c’est la présidente du Conseil du statut de la femme qui minimise et banalise la violence conjugale subie par les hommes en omettant systématiquement de faire mention de cette réalité et d’en reconnaître l’ampleur véritable.

 

Le 13 février 2009, lors d’une allocution à la faculté de droit de l’Université d’Ottawa, la présidente du Conseil du statut de la femme a proclamé haut et fort son appartenance à la secte des féministes radicales :

« Me Pelchat se décrit comme une féministe radicale. « Je pense, dit-elle, que nous vivons toujours dans une société patriarcale au Québec. La discrimination systémique dont sont victimes les femmes est encore monnaie courante ».

Source : Visite de la présidente du conseil du statut de la femme, Faculté de droit de l’université d’Ottawa, section de droit civil, [Lien internet] : http://www.droitcivil.uottawa.ca/fr/nouvelles/nouvelles-de-la-faculte/visite-de-la-presidente-du-conseil-du-statut-de-la-femme-du-quebec/id-menu-67.html

 

On sait que les féministes radicales n’ont cessé aux cours des trois dernières décennies de fabriquer des fausses statistiques sur la violence conjugale (et sur bien d’autres sujets de comparaison entre les hommes et les femmes), comme la tristement fameuse imposture de 300 000 femmes victimes de violence conjugale fabriquée par des militantes radicales travaillant au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec en 1985 et dont L’après-rupture a démontré de manière détaillée la genèse dans le rapport Le Scandale des fausses statistiques du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec sur la violence conjugale [En ligne] http://lapresrupture.qc.ca/Le%20scandale%20des%20fausses%20statistiques%20du%20MSSS%20et%20annexes.pdf.

 

À titre de féministe radicale, la présidente du Conseil du statut de la femme apparaît fermement décidée à conserver intacte la tradition féministe de recourir à la désinformation systématique pour continuer à faire la promotion du stéréotype sexiste de l’homme bourreau et de la femme victime et à faire du Conseil du statut de la femme du Québec le bastion de l’hostilité féministe envers les hommes.  

 

Références

 

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Laroche, Denis (2003). La violence conjugale envers les hommes et les femmes au Québec et au Canada, 1999, Institut de la statistique du Québec, 235 p., [En ligne] : http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/conditions/violence_h-f99_pdf.htm.

 

Laroche, Denis (2005). Prévalence et conséquences de la violence conjugale envers les hommes et les femmes, Institut de la statistique du Québec, 31 p., [En ligne] : http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/conditions/pdf/ViolenceConjugale.pdf.

 

Laroche, Denis (2007). Contexte et conséquences de la violence conjugale envers les hommes et les femmes au Canada en 2004, Institut de la statistique du Québec, 117 p., [En ligne] : http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/conditions/pdf2007/ViolenceH_F2004.pdf.

 

Leduc, Francine (2006). Des femmes et des hommes, des différences et des similitudes à connaître dans le domaine socio-sanitaire, Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie, Direction de la santé publique de la santé publique de la Montérégie.

 

Damant, Dominique, Diane Prud’homme et autres (2006). Trousse Média, Institut national de Santé publique du Québec, [En ligne] : http://www.inspq.qc.ca/violenceconjugale/.

 

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Motard, Louise (2003). Violence conjugale – Statistiques 2003, ministère de la Sécurité publique du Québec, 76 p., [En ligne] : http://www.msp.gouv.qc.ca/prevention/statistiques/conjugale/2003/stat_violence_conjugale_2003.pdf.

 

Motard, Louise (2004). Violence conjugale – Statistiques 2004, ministère de la Sécurité publique du Québec, 27 p., [En ligne] : http://www.msp.gouv.qc.ca/prevention/statistiques/conjugale/2004/stats_violence_conjugale_2004.pdf.

 

Motard, Louise (2005). Violence conjugale – Statistiques 2005, ministère de la Sécurité publique du Québec, 27 p., [En ligne] : http://www.msp.gouv.qc.ca/prevention/statistiques/conjugale/2005/statistiques2005_violence_conjugale.pdf.

 

Motard, Louise (2006). La criminalité commise dans un contexte conjugal au Québec – Statistiques 2006, 49 p., [En ligne] : http://www.msp.gouv.qc.ca/prevention/statistiques/conjugale/2006/statistiques_2006_violence_conjugale.pdf.

 

Motard, Louise (2007). La criminalité commise dans un contexte conjugal au Québec – Statistiques 2007, 62 p., [En ligne] : http://www.msp.gouv.qc.ca/prevention/statistiques/conjugale/2007/statistiques_2007_violence_conjugale.pdf.

 

Pelchat, Christiane (2009). Lettre du 18 mars 2009 sur les statistiques sur la violence conjugale de la présidente du Conseil du statut de la femme, [En ligne] : http://www.csf.gouv.qc.ca/telechargement_publication/index.php?id=473.

 

Savignac, Julie, Claudio Besozzi et Serges Bruneau (2007). Sécurité et prévention au Québec : une première approche globale  – État des lieux et analyse des informations disponibles sur les atteintes à la sécurité au Québec, Centre international pour la prévention de la criminalité, 317 p., [En ligne] : http://www.crime-prevention-intl.org/publications/pub_184_1.pdf.

 

Statistique Canada (2000). La violence familiale au Canada : un profil statistique 2000, Centre canadien de la statistique juridique, 85-224-XIF, 69 p., [En ligne] : http://www.statcan.gc.ca/pub/85-224-x/85-224-x2000000-fra.pdf.

 

Statistique Canada (2005). La violence familiale au Canada : un profil statistique 2005, Centre canadien de la statistique juridique, 85-224-XIF, 100 p., [En ligne] : http://www.statcan.gc.ca/pub/85-224-x/85-224-x2005000-fra.pdf.

 

    

 

 



[1]. Voici le texte complet  mis en ligne par le CSF le 18 mars 2009 :

« Données sur la violence conjugale : Le Conseil du statut de la femme appelle à la vigilance.
Le Conseil du statut de la femme appelle à la vigilance concernant certaines données véhiculées par les médias sur le phénomène de la violence conjugale, dont celles de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). Ces données, recueillies à la lumière de l’Enquête sociale générale menée par Statistique Canada en 1999, minimisent la réalité identifiée par le ministère de la Sécurité publique (MSP) et reflètent rarement l’ampleur du phénomène de la violence faite aux femmes. Les chiffres du MSP sont révélateurs :

En 2007, 17 343 infractions ont été enregistrées par les corps policiers;

Plus de 80% des victimes étaient des femmes;

Le Conseil a produit en 2005 un document d’information en vue d’assurer une utilisation et une interprétation adéquates des diverses données existantes. Nous vous invitons à relire ou à consulter en ligne le document intitulé :
Ampleur et nature de la violence subie par les femmes et les hommes : quelques statistiques sur la violence conjugale.».

 


Et trois petits suppléments...


Christiane Pelchat nous démontre pourquoi:

   ---   l'analyse différenciée selon le sexe est une fumisterie et 

   ---   ou  bien le Conseil du statut de la femme n'a plus sa raison d'être,

   ---   ou bien c'est  elle qui n'a plus sa place à la direction du ce Conseil


En ligne: http://www.hommedaujourdhui.ca/Christiane%20Pelchat%20nous%20demontre%20pourquoi%20l%27analyse%20.htm


Référence :
Le sexe dans les médias : obstacle aux rapports égalitaires - Avis, juin 2008, No. 208-04-A, 109 p. http://www.csf.gouv.qc.ca/telechargement_publication/index.php?id=429



Jeudi 12 juin 2008
Christiane Pelchat vient de prouver à la face du Québec que le Conseil du Statut de la Femme n'a plus sa raison d'être. Il doit être aboli. Les fonds publics méritent d'être mieux utilisés.  (...) Le rapport de 109 pages du Conseil du statut de la femme portant sur l'hypersexualisation véhiculée par les médias transpire l'angoisse et la crise existentielle.

(...)

Le problème, Mme Pelchat, c'est que vos idéaux doivent malheureusement céder le pas et prendre place au Musée des horreurs. Tout comme le modèle québécois, vos idées sont devenues désuètes, et je dirais même plus, dangereuses parce que vous véhiculez vous-même des stéréotypes qui sont devenus ridicules.

(...)

Tasse-toi ma tante Christiane, l'heure de la retraite a sonné !

Stéphane Gendron

En ligne: http://www.bloghuntingdon.com/article-20381111.html


Robert Dutrisac

LeDevoir
Édition : Mercredi 7 octobre 2009

En ligne:  http://www.ledevoir.com/2009/10/07/270545.html

Le projet de loi 16 n'a rien à voir avec les accommodements raisonnables, dit Yolande James

Québec -- La ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James, est à la fois surprise et irritée de l'interprétation que font plusieurs groupes et juristes de son projet de loi 16 visant à encadrer la gestion de la diversité culturelle par l'administration publique. «Très sincèrement, je ne suis pas contente», a livré, hier, Yolande James lors d'un entretien accordé au Devoir. «Il n'est nullement question de remettre en question le principe de l'égalité homme femme.»

Yolande James estime qu'il est «irresponsable» de faire un lien entre le projet de loi 16 et des accommodements qui favoriseraient la liberté de religion au détriment de l'égalité entre les sexes, comme l'a fait la présidente du Conseil du statut de la femme (CSF), Christiane Pelchat dans nos pages hier. Mme Pelchat, une juriste et une ancienne députée libérale, donnera son appréciation du projet de loi 16 cet après-midi en commission parlementaire.

(...)

Mme Pelchat a dit craindre qu'en l'absence de balises et sans définition de la laïcité de l'État, la liberté de religion devienne une «pizza» et que ce droit prime celui de l'égalité entre les sexes

(...)